
Photo de Élisabeth Joly sur Unsplash !
Un fruit symbolique de Nitassinan (notre territoire)
Les bleuets portent le nom minish en nelueun, la langue officielle des Pekuakamiulnuatsh. Ce mot signifie littéralement « petits fruits semblables à des perles ».
Depuis toujours, les familles de Mashteuiatsh récoltent les minish pour leurs propres besoins. Avec le temps, cette activité est également devenue un revenu d’appoint précieux, permettant aux familles d’acquérir du matériel de trappe ou de faire des provisions pour les séjours hivernaux en territoire.
Une méthode de conservation traditionnelle
Une partie des bleuets récoltés en août était transformée en pâte, conservée dans des contenants en écorce. Cette préparation permettait d’avoir accès à des fruits même durant les mois froids. Certaines familles y ajoutaient de la graisse d’ours pour en rehausser la valeur nutritive. Cette tradition tend à disparaître aujourd’hui, mais quelques porteurs de mémoire perpétuent encore ce savoir.

Panier en écorce de bouleau avec couvercle (2023.6.1-2)
Réalisé par Gérard Siméon et Thérèse Siméon, ce contenant traditionnel en écorce de bouleau présente des décorations florales gravées par grattage, notamment des représentations de fleurs de bleuets. Les fixations en racine d’épinette et les lanières en cuir de caribou témoignent du savoir-faire ancestral des Pekuakamiulnuatsh. (Collection du Musée ilnu de Mashteuiatsh)
Un fruit… médicinal
Le bleuet est bien plus qu’un simple plaisir gourmand. Chez plusieurs Premières Nations, il est reconnu comme un excellent antioxydant.
Voici quelques propriétés médicinales transmises par les savoirs traditionnels :
- Les racines sont utilisées pour nettoyer les reins et le foie.
- Les feuilles sont réputées antiseptiques et astringentes.
- Le fruit peut aider à ralentir le vieillissement, donner de l’énergie, et soulager certains symptômes du diabète (engourdissements, baisses d’énergie, rages de sucre). Il est également réputé pour éclaircir le sang et diminuer le taux de cholestérol.
Des savoirs vivants… à transmettre
Ces connaissances médicinales sont propres à chaque communauté, car elles s’enracinent dans la langue, le territoire et la culture.
Il ne suffit pas de connaître une plante pour s’en servir : il faut aussi connaître le bon moment pour la cueillir, la préparation sécuritaire, et les protocoles culturels qui l’entourent.
Par exemple :
- 👉 Le thé du Labrador, bien que naturel, peut devenir toxique s’il est mal dosé.
C’est pourquoi ces savoirs sont soigneusement transmis par les aînés, et protégés pour éviter toute exploitation décontextualisée.

Photo de Anita Austvika sur Unsplash !
Une histoire qui nous unit
Aujourd’hui, les bleuets sont toujours au cœur de la mémoire collective du Saguenay–Lac-Saint-Jean.
Que ce soit par la cueillette, la consommation ou la médecine, ces petites perles bleues racontent une histoire partagée entre les membres des Premières Nations et les autres habitants de la région.
💬 Et vous, quels souvenirs vous évoquent les bleuets ?
Nos capsules ont pour objectif de mettre en lumière les pratiques culturelles traditionnelles, de renforcer le lien entre les communautés et de valoriser le patrimoine vivant à travers l’histoire.Une collaboration entre :
– Société d’histoire Domaine-du-Roy
– Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh
– Société d’histoire et de généalogie Maria-Chapdelaine
– Société d’histoire du Lac-Saint-Jean