Plongeons-nous dans l’univers fascinant des danses traditionnelles innues, des pratiques culturelles riches en histoire et en signification pour les communautés innues.
La Danse du Tambour
La danse du tambour, ou « danse en cercle », est un élément central de la culture innue. En innu-aimun, elle est appelée « niminanu », signifiant danse populaire ou on danse le makusham. Cette danse peut avoir une dimension spirituelle ou être simplement festive. Elle est toujours exécutée lors d’occasions joyeuses telles que des visions de caribous ou d’ours, des chasses fructueuses, des festins, des mariages ou des jours de fête. Parfois, les aînés dansaient pour les petits enfants.
La danse se déroule autour d’un tambour battu par un aîné respecté. Les participants, adultes et adolescents, forment un cercle en alternants hommes et femmes, se déplaçant dans le sens des aiguilles d’une montre, symbolisant la direction du soleil. Ils dansent autour d’un poêle à l’intérieur ou d’un tas de bois à l’extérieur. Si la danse se déroule dans une petite tente, les danseurs bougent sur place.
Avant les années 1960, les Innus dansaient à l’extérieur ou dans de grandes tentes. Aujourd’hui, les danses se tiennent dans des salles communautaires ou des gymnases d’écoles. Les participants, bras croisés sur le ventre ou pendant le long du corps, suivent le rythme du tambour avec de petits pas. Parfois, les hommes poussent des cris de « Heh! Heh! » pour animer la danse. Cette pratique joyeuse, appelée uitetakushikashu, implique souvent des plaisanteries entre danseurs.
Les couples de danseurs ne sont pas nécessairement des conjoints; ils peuvent danser avec n’importe qui pour qui ils ont de l’affection. Les adolescents dansent avec les adultes et les enfants, autrefois non participants, dansent désormais lors des mariages ou des fêtes.

Ce tambour décoratif, réalisé par François Germain, fait partie de la collection du Musée ilnu de Mashteuiatsh. Il s’agit d’un grand tambour à cadre de bois, recouvert de peau de caribou tendue sur ses deux faces. Les peaux sont fixées à l’aide d’éclisses de bois et de lanières de babiche. Une lanière centrale traverse le tambour et porte de petits osselets. Chaque côté est peint : un orignal à panache sur l’un, et un visage amérindien coiffé sur l’autre. L’objet est exposé dans l’exposition permanente du Musée ilnu de Mashteuiatsh, section Hiver.
La Symbolique du Tambour (Teueikan)
Les chants innus accompagnés du tambour, appelés teueikan, sont à la fois personnels et spirituels. Le tambour, souvent fabriqué avec une membrane en peau de caribou, relie les danseurs aux esprits des animaux et du territoire. Le son du tambour représente la vie, le cœur battant, et un acte de communication avec les esprits. La danse en cercle, makusham, renforce les relations humaines et spirituelles.
Les matériaux utilisés pour le tambour, provenant de la nature, ont une signification profonde. Le cadre circulaire du tambour est généralement fait de bois d’épinette rouge, de bouleau ou d’autres essences, et est souvent ornementé de petits os d’oiseaux ou de caribou qui résonnent lorsqu’ils sont frappés.
→ Pour en apprendre davantage sur le tambour, sa signification et sa fabrication, vous pouvez consulter cette fiche culturelle du site Nametau innu : https://www.nametauinnu.ca/fr/culture/outil/detail/43.html
Les Makusham
Le terme makusham désigne une célébration rituelle, un repas collectif, et la danse traditionnelle innue. Ces célébrations ont lieu après des chasses fructueuses ou lors de rassemblements saisonniers. Les participants dansent en cercle ou en huit, exprimant solidarité et continuité de la vie. Les chants de tambour, accompagnés de cette danse, marquent des événements spéciaux et favorisent la cohésion communautaire.
Les makusham sont étroitement liés à la chasse et sont accompagnés de repas où la graisse de caribou, considérée comme sacrée, est partagée. Ce rituel rappelle l’importance du respect de la nourriture, du tambour et de la chasse pour assurer la bienveillance des esprits.
Les Variantes de Danse
Outre la danse du tambour, d’autres danses comme la danse de l’Ours et la danse du petit castor enrichissent le répertoire culturel innu. La danse de l’Ours, par exemple, exécutée par la troupe Tshakapesh incarne la force et la puissance de cet animal spirituel.
La danse du petit castor, souvent la danse de clôture, implique des couples qui dansent en passant sous des rangées formées par d’autres couples. C’est une danse joyeuse qui symbolise la fin d’une célébration.
Aujourd’hui, le Grand Rassemblement des Premières Nations accueille une diversité de danses issues de plusieurs traditions autochtones. On y voit notamment les danseurs à régalia, les danseuses à clochettes (jingle dress), et les tambours de différentes nations invitées. Ces danses, bien que parfois extérieures aux traditions innues, témoignent de la richesse des échanges culturels et du rôle rassembleur des Fêtes.

Danse du châle (Fancy Shawl Dance), qu’on appelle parfois aussi la « danse du papillon» en raison de ses mouvements aériens et de ses franges colorées. Archives de la SHAM, Photographe : Serge Jauvin, Grand Rassemblement des Premières Nations de 2024, P47-0973.

Au Grand Rassemblement des Premières Nations, les danses traditionnelles innues cohabitent avec celles des autres Nations invitées. On y découvre notamment la danse à clochettes (jingle dress), aujourd’hui portée fièrement par de nombreuses jeunes danseuses. Chaque robe, décorée de rangées de cônes métalliques, résonne d’un tintement unique, porteur de prières et d’histoires personnelles.
Photo : GRPN 2024. Photographe : Serge Jauvin. Archives de la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh, P47-0678.
Ces traditions vibrantes témoignent de la richesse culturelle et spirituelle des Innus, transmettant des valeurs et des savoirs anciens à travers les générations. Elles continuent d’unir la communauté dans la joie et le respect de la nature et des esprits.
Merci d’avoir partagé ce moment avec nous pour découvrir les danses traditionnelles innues !
