Reconnaître la valeur du travail des artistes et artisans
Publié le 21 mai 2026
Par Pierre Gill
Mme Colette Robertson s’est impliquée à long terme à titre de de présidente et de vice-présidente de la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh. Encore aujourd’hui, Mme Robertson est toujours membre de la SHAM et son implication est tout aussi importante qu’à ses premiers mandats. Parallèlement à cette implication, elle s’est investie directement dans le développement économique de la communauté, aux toutes premières heures de la fondation de la Société de Développement Économique Ilnu de Mashteuiatsh.
Mme Colette Robertson a commencé sa carrière à titre de réceptionniste au Conseil des Montagnais (aujourd’hui Pekuakamiulnuatsh Takuhikan). Et comme elle avait une formation de base en comptabilité, elle a tôt fait de travailler dans le domaine pour la même organisation tout en poursuivant ses études au niveau du baccalauréat en administration. Pendant ce temps, la Société d’histoire et d’archéologie était créée et le Musée ilnu de Mashteuiatsh prenait forme.
Les années passent et la SDEI a rapidement eu besoin d’un lieu pour y tenir ses activités. Le projet d’édification d’un Carrefour d’accueil qui allait répondre à la clientèle touristique de plus en plus nombreuse, Mme Robertson se souvient d’avoir impliqué les artistes et artisans qui disaient n’être jamais payés pour ce qu’ils faisaient. « Je sais que tu as une valeur sur ton travail. Et là, on a commencé à reconnaître une valeur financière au travail des artistes en intégrant l’art au bâtiment du Carrefour. Donc, ça c’était nouveau, parce que les artistes, on leur demandait tout le temps, donne-moi une œuvre, je la fais tirer, mais toi, je ne te donne rien. Ils vivent de ça, puis ils amènent une dimension très visuelle de ce qu’est la culture, puis on se reconnaît à travers leurs œuvres. C’est comme ça que tu développes ton intérêt par exemple, pour les arts et pour le musée, entre autres, qui conserve tous ces éléments-là. »
Le Musée ilnu de Mashteuiatsh s’est toujours efforcé de mettre au premier plan, le travail des artistes et artisans.
Le Musée ilnu de Mashteuiatsh s’est doté d’une extraordinaire collection de vêtements et d’objets de grande valeur, reconnaissant par le fait même le travail des artistes et artisans.
Financièrement les artistes et artisans fait son chemin et le principe permet à plusieurs membres de la communauté avec des connaissances sur la culture, l’art et l’artisanat, de se manifester. C’est l’une des raisons qui a poussé l’organisation de Pekuakamiulnuatsh Takuhikan à créer le site Uashassihtsh qui permettait à la communauté de mettre la main sur un site au bord du Pekuakami, où la culture pourrait s’émanciper, se faire valoir, se transmettre. « Tu sais, on va de moins en moins dans le bois où on y va pour nos activités, les gens travaillent, donc ils sont moins intensément sur le territoire. Puis, il faut que les gens continuent de s’approprier les techniques. Dans le fond, le tourisme, on ne vend pas des bébelles; on vend une culture qui est vivante, puis il faut que la culture reste vivante. La culture, c’est ça notre carte de visite pour les visiteurs. »
Mme Colette Robertson fait le lien entre le développement économique et la culture mise de l’avant par la Société d’histoire et d’archéologie et par le musée. Elle croit qu’un projet d’agrandissement viendrait a supporter le rôle de l’institution muséale tout en préservant l’immense travail déjà accompli. « Quand je travaillais au développement économique, le musée était déjà implanté et il y avait déjà un projet d’agrandissement du musée. Il fallait toujours ‒ comme encore aujourd’hui ‒ trouver des fonds, parce que les fonds pour les infrastructures, ce n’est jamais la priorité. Puis il y a eu le Sommet économique dans la région qui a permis, entre autres, la création de la piste cyclable, On s’était alors mobilisés avec les intervenants pour dire, qu’est-ce qu’on présente à ce sommet régional. Puis on a convenu ensemble que le projet qu’on présenterait, ce serait l’agrandissement du musée. »
Mme Colette Robertson ne s’occupe pas seulement de financement; elle découvre et s’intéresse profondément à la culture de sa nation. « À titre de membre de la Société d’histoire et d’archéologie de Mashteuiatsh, moi ce que j’aime, c’est qu’à toutes les fois qu’il y a un lancement d’exposition, un vernissage, je suis invitée. L’artiste est là, il présente son exposition. Puis les lancements d’exposition, les lancements de livres, les activités au musée, ce sont des occasions spéciales qui te permettent d’aller en même temps jeter un coup d’œil à toutes les autres expositions, là. »
Pour Mme Colette Robertson, le rôle joué par la Société et le Musée est beaucoup plus qu’un rôle de développement économique; c’est un véritable lieu de rassemblement. « Bien, moi, je pense que la Société d’histoire, c’est le noyau rassembleur de la communauté, tu sais, de notre culture, de notre identité. Puis c’est comme rassurant de savoir que mes petits-enfants, par exemple, voudront voir une photo de leur arrière-grand-mère, ils vont être capable de faire le lien, puis d’aller les voir, là, au musée. »

